Le bras cassé (1) : passage aux urgences

Publié le par Cécile

Le 30 juin dernier, j’ai pu apprécier les délices de nos hôpitaux à l’occasion de la fracture du poignet gauche d’Adam.

De prime abord, on pourrait penser que le handicap de nos enfants sera bien appréhendé dans un milieu médicalisé. C’est une erreur. Paradoxalement, à l’hôpital (en tout cas, dans celui-ci), nos enfants sont comme les autres, priés d’attendre leur tour, dans la chaleur et la douleur. Pas de prise en considération particulière de leur autisme.

J’ai parfois hésité entre adapter l’environnement d’Adam à son autisme ou bien adapter mon fils à notre monde. J’ai opté pour la seconde solution et je ne m’en plains pas, quand j’ai vu comment s’est déroulée notre attente aux urgences.

Bien que prévenu de notre arrivée, par une amie qui travaille dans le même bâtiment que les urgences, et du fait qu’Adam pouvait faire une crise s’il attendait trop longtemps, nous n’avons rencontré l’interne qu’après deux heures et demie d’attente. Au bout de deux heures, j’avais quand même demandé un anti-douleur, car Adam pleurait par intermittence, ce qui est très rare chez lui et signifie qu’il n’est pas bien. Auparavant, il avait patienté tant bien que mal avec son bras fracturé, au milieu des autres enfants dont certains gambadaient un peu partout et le bousculaient, le tout par une forte chaleur, après avoir dû faire le trajet en bus puisque ma voiture est en panne depuis la semaine dernière…

Comme à chaque fois qu’il souffre, Adam parlait bien: « je me suis fait mal », « ça tire », « ça pique », « je ne me sens pas bien »…

Finalement, après avoir vu tous les enfants passer, l’interne en chirurgie est venu nous trouver vers 18 heures 15 et nous a emmenés dans la pièce pour faire les plâtres. Visionnage de la radio qu’Adam avait passée à 14 heures: le radius et le cubitus sont bien fracturés mais pas déplacés.

Là, surprise: l’interne me dit qu’il ne sait pas comment va se passer l’opération en raison du « trouble » d’Adam. Sur le coup, je ne comprends pas sa remarque et il me faut quelques secondes pour m’apercevoir que l’autisme d’Adam l’embarrasse. Renaud, mon beau-frère a raison, j’aurais dû avoir la présence d’esprit de lui dire que les os d’un enfant autiste sont les mêmes que ceux d’un enfant neurotypique. Comme il est manifestement inquiet et stressé (ce qui explique peut être que nous soyons les derniers à passer), il me demande de l’assister pour faire le plâtre et me tend les gants stériles!

J’ai beau lui dire que ce n’est pas mon métier, il insiste et je finis par m’exécuter. Me voilà transformée, le temps d’un quart d’heure, en assistante médicale. Je dois tenir le bras d’Adam dans la bonne position pendant qu’il met les bandes de coton et applique les bandes de résine. Pour qu’Adam soit rassuré, je lui commente les différentes phases du plâtre, ce qui l’amuse plutôt. Il ne bouge pas et regarde attentivement ce qui se passe. En même temps, mon amie tend à Adam des gâteaux, car il n’a pas mangé depuis le déjeuner…

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Au final, tout s’est bien passé. Il n’y avait d’ailleurs aucune raison qu'Adam fasse une crise puisqu'il savait ce qui allait se passer. Ce que je trouve regrettable, c’est que l’interne ait eu un a priori si négatif sur l’autisme.

La grande inquiétude d’Adam aura finalement été de ne pas pouvoir remettre correctement son tee-shirt pour quitter l’hôpital. Nous finissons par lui remettre plus ou moins bien son vêtement, de manière à lui couvrir le torse le plus possible car il ne conçoit pas de sortir dehors à moitié nu.

Nous quittons l’hôpital vers 18 heures 40.

Adam s’est cassé le bras à midi.

Publié dans Vie quotidienne

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