La fierté du grand frère

Publié le par Cécile

Dès lors que l’on a plus d’un enfant, les difficultés peuvent surgir à tout instant parmi la fratrie, encore plus lorsque l’un des enfants est handicapé. Il est encore plus difficile, dans ce cas, de trouver sa place. Axel n’a pas échappé à la règle (Cf. Frères ennemis ?).

Une fois n’est pas coutume, Axel s’est rendu avec Adam et moi-même chez l’orthophoniste récemment puisqu’il devait passer un bilan à 10 heures du matin et n’allait donc pas à l’école de la matinée.

La veille au soir, certainement sous l’effet du Concerta qui régule bien son hyperactivité, Axel s’était appliqué à préparer des exercices pour son petit frère, pour le faire travailler afin qu’il puisse aller au CP ! Touchante attention de sa part car il n’a pas encore bien saisi le fonctionnement de la CLIS et pense que la première année de CLIS correspond au CP. Tout ce qu’Axel a retenu, c’est qu’Adam allait entrer à l’école élémentaire l’année prochaine et qu’il allait avoir un cartable et des devoirs à faire le soir, comme lui … Au fond, il a raison.

Conscient de la difficulté à faire travailler son frère (il avait couru après Adam pendant une bonne partie de la soirée !), j’ai donc demandé à Sylvie, l’orthophoniste, d’expliquer à Axel comment elle s’y prenait durant les séances. Comme à son habitude, elle a pris le temps de montrer à Axel ce qu’elle faisait en lui précisant bien que parfois, Adam n’était pas disposé à travailler et qu’il fallait faire avec. Nous avons donc assisté à la séance tous les deux.

Sylvie a commencé par sortir un feuille format A4 sur laquelle elle avait écrit de nombreux mots avec les phonèmes « on », « ou » et « oi ».

En voyant son petit frère, autiste, déchiffrer sans difficulté la page entière, j’ai vu le regard d’Axel changer.

En son for intérieur, je suis convaincue qu’il s’est d’abord dit que c’était un rêve car cela était tout à fait impossible. Son petit frère, que de nombreux enfants de l’école et du groupe scolaire traitent d’imbécile devant lui (Axel et Adam ont été dans la même école maternelle une année et sont toujours dans le même groupe scolaire), lisait bien les mots les uns à la suite des autres ! Une révélation pour Axel et une satisfaction pour Adam qui voulait manifestement faire plaisir à son frère.

Cette simple démonstration a suffi. Axel a chaudement félicité son frère et m’a dit, en sortant du cabinet de l’orthophoniste : « tu avais raison Maman, Adam saura lire et je vais l’aider ».

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En un instant, les antagonismes sont tombés et n’est restée que la fierté du frère aîné de voir les immenses progrès accomplis par son frère cadet.

Un moment de bonheur pour tous les trois.

Publié dans Histoire de famille

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isa 11/06/2010 13:55


Je suis touchée...si touchée par votre billet! Il est difficile de faire comprendre que les frères et soeurs sont parfois intimement touchés par le handicap.On m' a déjà dit une fois que si je n'en
parlais pas tant, ma fille ne serait pas affectée (une instit!) Tout ce qui tranparait dans votre texte, c'est l'amour de deux frères - certes, différents - mais dont l'amour que l'un porte à
l'autre,est inégalable!!!!Bisous.Maman de Louis.


Agnès 05/06/2010 08:27


Bravo les garçons ! En plus Axel doit être particulièrement réceptif à l'argument "il n'a pas toujours envie de travailler" ;-)


Pascale 03/06/2010 14:28


Et beaucoup d"émotion en lisant ce dernier billet !!!! Cécile tes garçons sont formidables bisoux à vous 3


Cécile 06/06/2010 21:11



Merci Pascale