Heurs et malheurs d'Adam

Publié le par Cécile

Adam est-il heureux ?

C’est une question que je me suis souvent posée quand le diagnostic d’autisme avait été évoqué la première fois par un médecin en mai 2005. Adam n’avait pas deux ans.

Peut-on être heureux à gesticuler dans tous les sens, à tourner des heures entières autour d’une table basse, à sautiller en permanence sans jamais rechercher le contact avec ses semblables, comme il le faisait ?

Peut-on être heureux en vivant dans un monde dont on n’arrive pas à décrypter les codes sociaux, à comprendre les mots, à trier les informations ?

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Imaginez-vous, vous-même, un instant, seul, perdu dans un pays dont vous ne connaîtriez ni la langue, ni les coutumes. Un sentiment de malaise, voire de mal être, s’emparerait sûrement de vous.

N’avais-je donc mis au monde un enfant que pour qu’il ait une vie d’incompréhension, de moquerie, de souffrance et de malheur ?

Adam était un étranger au sein même de sa famille et pourtant, il souriait et riait souvent. Je me disais qu’il était heureux.

Ce sont des rires irrépressibles, classiques chez les autistes, m’avait-on dit plus tard à l’hôpital. « Ce n’est parce que votre enfant rit qu’il a des raisons de le faire ». Horrible réflexion. Moi qui me disais que les rires d’Adam étaient la traduction de sa joie de vivre … on m’expliquait tout à coup qu’Adam riait sans raison, bêtement.

Avec le temps, ses flappings et autres désordres gestuels, sans avoir complètement disparu, sont en nette régression.

Je me suis aussi rendue compte que parfois, Adam avait effectivement des rires irrépressibles : une larme qui coule le long de ma joue et c’est l’éclat de rire assuré, provoqué par cette image insolite pour Adam qui ne rattache pas les pleurs à la douleur qu’ils sous-entendent. Trop complexe à comprendre pour l’instant.

Mais la plupart du temps, les rires d’Adam sont des vrais rires d’enfants, l’expression d’un bien être évident. Adam est heureux avec sa famille, avec ses copines et ses copains. Adam est heureux d’aller à l’école.

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Alors j’espère qu’Adam sera toujours heureux de vivre.

Publié dans Histoire de famille

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Agnès 15/12/2009 11:59


Vu de l'extérieur, il a plutôt l'air heureux que malheureux le petit père Adam ! Et je trouve qu'il rit plutôt à bon escient.


Cécile 15/12/2009 21:49


Vu de l'intérieur, je pense aussi qu'il est loin d'etre malheureux


Annie v 11/12/2009 22:46


On essaye de les tirer vers le haut le plus possible mais c'est vrai que je me suis souvent poser la question de savoir comment je ferai si il s'aperçoit de sa différence............à ce jour je
n'ai pas la réponse
Je me dis que j'ai encore du temps pour y réfléchir........

Des fois, je me demande si il ne perçoit pas un petit quelque chose de cette différence, c'est presque imperceptible et même difficile à expliquer.........

Il rit et pleure sans raison apparente, très compliqué...........à gérer


Cécile 12/12/2009 08:53


En y réfléchissant, il y a un mot que je n'ai jamais entendu Adam répéter alors qu'il l'entend souvent, c'est le terme autiste. Aucune écholalie, aucune répétition. Etrange, non.
Je pense qu'on a quand même du temps devant nous avant d'aborder cette question importante (si tant est qu'on doive l'aborder un jour).


valérie 10/12/2009 22:07


il y a une chose dont je suis sûre : Adam n'est pas malheureux. Je pense même qu'il est heureux.


Cécile 11/12/2009 21:33


Je pense aussi que c'est un enfant heureux...


renaud 10/12/2009 22:06


Adam est heureux et aussi parfois malheureux comme nous tous


Cécile 11/12/2009 21:33



Oui, c'est sûr. Mais que va t-il se passer quand il se rendra compte de sa différence ? Futurs problèmes en perspective, qui arriveront sûrement à l'adolescence en prime ... A chaque jour suffit
sa peine.