De l’étymologie du mot handicap

Publié le par Cécile

Le saviez vous ?

 

Le mot « handicap » vient de l’anglais « hand in cap » qui signifie littéralement, « la main dans le chapeau ».

 

Il est très étonnant de constater que le sens originel de ce mot n’avait aucune connotation d’infériorité, bien au contraire : sur les terrains de course anglais, le cheval le plus valeureux, c’est-à-dire celui dont les performances dépassaient celles des autres, était « handicapé »[1].

 

Afin de diminuer ses chances de gagner et mettre tous les concurrents sur un pied d’égalité, ce cheval était chargé au départ d’un poids supplémentaire ou bien devait parcourir une distance supérieure.

 

Dans la mesure où la course était équilibrée, les paris étaient déposés dans un chapeau et l’on tirait au sort le nom du cheval vainqueur (cette pratique provenait d’un ancien jeu de hasard anglais qui consistait en ce que trois joueurs mettaient une somme égale dans un chapeau ; on tirait au sort, d'où « hand », main, « in », dans, et « cap », chapeau).

 

Le cheval handicapé était donc le meilleur !

 

Les anciens dictionnaires reprennent tous cette définition (extrait du site du Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales :

 

         Handicap :

Étymol. et Hist. 1. 1827 « course dans laquelle on égalise les chances des concurrents en répartissant des désavantages proportionnés à la force des chevaux » (T. Bryon, Manuel de l'amateur des courses, Avertissement, p. 49 ds Mack. t. 1, p. 206), d'où 2. a) 1892 « moyen par lequel on désavantage des concurrents pour égaliser les chances de tous » handicap de poids (Baudry de Saunier, Cycl., p. 407); b) 1924 « désavantage, défaut ou point faible » (Du Bos, loc. cit.). Empr. à l'angl. handicap, attesté dep. 1754 comme terme désignant des courses de chevaux qui, à l'orig., étaient organisées sur le modèle d'un jeu dans lequel on proposait des sommes destinées à égaliser la valeur d'objets d'échange et où la mise était déposée dans une coiffure (angl. cap « casquette, bonnet, toque »), handicap étant prob. une contraction de hand in the cap « main dans le chapeau » (cf. NED, s.v.).

 

Comment et pourquoi est-on passé de cette définition première du handicap à celle actuelle, on ne le sait pas exactement.

 

Très longtemps cantonnée au hippisme, la notion vise désormais les capacités d’un être humain. Le terme « handicapé » a progressivement remplacé les termes « invalide », « infirme », « paralytique » souvent jugés péjoratifs. Ce faisant, c’est le terme même de « handicap » qui s’est trouvé chargé d’une telle connotation.

 

C’est en 1980 que le Britannique Philip Wood a transformé radicalement la vision du handicap en le définissant comme un désavantage dont est victime une personne pour accomplir un rôle social normal du fait de sa déficience (lésion temporaire ou définitive) ou de son incapacité (réduction partielle ou totale des capacités pour accomplir une activité)[2].

 

Désormais, le mot « handicap » concerne les plus faibles, c’est une déficience.

 

Quelle inversion sémantique ![3]

 



[1] www2.ac-lyon.fr : « la notion de handicap et les représentations que l’on en a »

[2] Extrait wikipédia

[3] Cet article n’aborde pas volontairement la définition médicale et juridique du handicap

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