A l'école de la République (2) : ça roule

Publié le par Cécile

Le premier samedi de la rentrée (Adam rentre avec un léger différé par rapport aux élèves), nous avons rendez-vous avec la nouvelle maîtresse d’Adam. C’est une jeune enseignante qui a manifestement envie qu’Adam s’intègre dans la classe, l’objectif de son PPS étant toujours la socialisation. Le contact passe bien et cela vaut mieux car contre toute attente, la MDPH a accepté la demande de scolarisation à temps plein d’Adam (il ira progressivement à temps plein dans la classe).

J’amène donc Adam dès la seconde semaine après la rentrée, quand une jeune femme, arborant un large sourire, m’aborde devant la classe pour se présenter. Il s’agit de M., l’AVS de mon fils. C’est vrai qu’après le fiasco de la dernière équipe éducative, j’en avais oublié qu’Adam avait une nouvelle AVS depuis le mois de mai 2007.

Dès le début de l’année scolaire, tout va bien se combiner: l’enseignante et l’AVS s’entendent très bien et travaillent en concertation pour faire progresser Adam, et comme M. a une soeur aînée autiste, elle connait bien les difficultés liées au TED. Parallèlement à sa scolarisation, Adam fréquente le centre de loisirs avec une accompagnante formée.

L’année 2007/2008 va en réalité être une année charnière pour Adam, celle où ses acquisitions vont enfin décoller, au départ très lentement, puis de façon beaucoup plus accélérée, surtout à partir du mois de mai 2008: son AVS, M., note un changement important de comportement dans notre cahier de liaison, qui coïncide avec le début de la maladie de mon père. Adam n’a jamais regressé depuis cette période, alors que cela était fréquemment le cas antérieurement, et s’est mis à parler.

2007/2008 est également l’année durant laquelle Adam a été placé sous Risperdal, de septembre à avril, afin de réduire ses troubles du sommeil: avant, il pouvait rester éveillé jusqu’à minuit alors que l’école commençait à 9 heures, et passait son temps à se lever dès qu’il était couché. Son état de fatigue avait un impact direct sur sa scolarisation. J’ai arrêté de moi-même de lui administrer ce médicament, qui est un puissant neuroleptique, car Adam avait enfin compris qu’un lit était fait pour dormir (il ne se lève plus depuis), et que les effets secondaires étaient très gênants (prise de poids d’un kilo par mois, sans pouvoir les perdre).

Bien entendu, tout ne s’est pas toujours passé dans la joie et la bonne humeur, en particulier par emmener Adam à l’école: nombreux refus de sa part, et obligation de le traîner souvent, alors qu’il hurlait dans la rue et que tout le monde devait me prendre pour une mère indigne. Peu importe, il devait aller à l’école à pied, en voiture – voire même une fois, j’ai dû demander à un papa de m’aider à le porter pour le déposer dans la salle de classe! Hors de question de ressortir la poussette puisqu’il avait 4 ans. Au fil des mois, ses réticences ont fini par céder et Adam a accepté d’aller à l’école, avec plaisir à la fin de l’année.

À l'école de la République (2ème partie): ça roule

Son intégration progresse, le compte-rendu de la première équipe éducative du mois d’octobre 2007 précise une amélioration, et même si Adam ne parle pas, « il s’intègre petit à petit dans le groupe classe ». Il accepte de donner la main aux autres enfants, rentre dans le rang et grimpe sur le toboggan sur sollicitation de son AVS durant les récréations. Il y a plusieurs tentatives pour jouer avec les autres. Les comportements sociaux adaptés d’Adam vont se développer au cours de l’année. Les regroupements et la motricité resteront par contre des moments difficiles qu’Adam arrive très mal à gérer. L’aide de son AVS est essentielle durant ces temps-là. Adam mange également à la cantine deux fois par semaine.

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Au niveau des apprentissages de petite section, Adam accepte de participer aux situations qui lui sont proposées, spécialement quand il s’agit d’utiliser de la pâte à modeler: il est alors capable d’écrire des mots. Il s’est bien approprié l’espace classe, il reconnait son nom sur l’étiquette et va la ranger à sa place. Au final, il fera un certain nombre d’activités mais sans plus car l’objectif prioritaire restait son intégration.

Adam passe en moyenne section, toujours à plein temps car la MDPH a accepté de lui accorder une AVS pour 24 heures par semaine. Ce sera toujours M. qui sera à ses côtés.

Le point noir, indépendamment de la propreté où les progrès sont nuls, reste sa quasi absence de langage (bien qu’il soit capable de dire des mots dans certaines situations avec son AVS et à la maison). Faute de moyens de communication adaptés, Adam peut se montrer violent dans la cour de récréation ou dans la classe avec les autres enfants, mais aussi avec son AVS et la maîtresse.

Cette deuxième petite section aura donc été une année de progression évidente pour Adam, la bonne collaboration entre la maîtresse et l’AVS d’Adam lui ont permis d’en tirer un bénéfice maximum. Sa scolarisation à temps plein a également été une clé de la réussite car à trop peu scolariser un enfant autiste, pour le « protéger », on finit par passer à côté de l’essentiel: l’enfant TED a besoin de fréquenter intensivement ses pairs pour accroître ses facultés de communication.

Publié dans Scolarité

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